Dr. Moustapha Fofana est économiste du développement et spécialiste en économie industrielle, fort de plus de 15 ans d’expérience en Côte d’Ivoire et à l’international. Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, il conjugue une solide expertise académique avec une pratique reconnue en prospective, intelligence économique et stratégie industrielle.
Son parcours l’a conduit à collaborer avec des institutions majeures telles que l’ONUDI, la Banque africaine de développement (BAD), l’UNESCO, ainsi que le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Côte d’Ivoire, où il a exercé en tant que Sous-Directeur de l’Intelligence économique, de la Veille et de la Prospective. Ses travaux portent notamment sur la Zone de Libre-échange Continentale Africaine (ZLECAf), la gouvernance économique et les politiques industrielles.
Auteur de plusieurs publications scientifiques, il s’est distingué par des recherches sur la corruption, les migrations, la stabilité sociale et les dynamiques industrielles africaines, contribuant à éclairer les décideurs sur les enjeux économiques et sociaux du continent. Membre actif de réseaux professionnels tels que le Réseau ivoirien des praticiens de la prospective et la FAERE (Association française des économistes de l’environnement et des ressources), il incarne une nouvelle génération d’experts engagés pour le développement durable et l’intégration économique africaine.
Expérience professionnelle· 12
Deputy Director of Economic Intelligence, Monitoring, and Forecasting
Economic and Social Council-Côte d'Ivoire
March 2023-Present
Consultant
UNESCO
March 2023-may 2024
Consultancy for UNESCO's Management of Social Transformations (MOST) program (communication on the theme of Youth, Peace, and Security in West Africa and drafting of the report on the status of MOST in West Africa).
Project Officer (Research)
Economic and Social Council-Côte d'Ivoire
May 2022-march 2023
Specialist Consultant
African Development Bank Group
October 2022-june 2021
National Expert
United Nations Industrial Development Organization (UNIDO
2021
Comprehensive evaluation of Côte d'Ivoire's industrial policies Analysis of value chain development opportunities across sectors Identification of structural constraints and bottlenecks in industrial development Assessment of policy coherence between extractive sector and broader industrial strategy Contribution to national industrial diagnostic Recommendations on policy reforms and institutional strengthening Outcome: PCP diagnostic report informing UNIDO's engagement strategy in Côte d'Ivoire
National Consultant - Industrial Policy Expert
African Development Bank
October 2020-june 2021
Analytical work on "COVID-19 and industries in Africa" Analysis of pandemic impact on industrial value chains including extractives Assessment of economic and industrial resilience policies Recommendations for post-COVID recovery of extractive and manufacturing sectors Policy briefs on resource-based industrialization strategies
National expert
BAD
October 2020-june 2021
National expert in industrial policy for analytical work on “COVID-19 and industries in Africa
Econometrics, statistics and mathematics Teacher
Altantique University
October 2015-july 2019
Assistant to the Advisor on Social Affairs, Ministry of Transport
Ministry of Transport
November 2011-april 2012
Team leader for the MIDDAS project (International Migration and Development
IRD
September 2010-september 2011
Researcher (Internship)
Ivorian Center for Economic and Social Research (CIRES) - Economic Policy Analysis Unit (CAPEC)
June-december 2010
Analysis of economic and fiscal policies Research on determinants of public revenue in WAEMU space Econometric work on taxation and natural resources Study on revenue mobilization from extractive sectors
Assistant Professor and Researcher
Félix Houphouet-Boigny University
2002
Teaching applied econometrics (Stata, R) to Master's and PhD students Supervision of theses and dissertations in development economics and Teaching applied econometrics (Stata, R) to Master's and PhD students Supervision of theses and dissertations in development economics and
Formation· 4
Performance Management in Public Administration
March-september 2023
PhD in Economic
Félix Houphouet-Bpoigny University-Côte d'Ivoire
2021
Essays on the economic analysis of armed conflicts: the case of African countries south of the Sahara
Master's degree in project management
Senghor Alexandrie University
2014-2015
Master's Degree in Industrial Economics from the New Interuniversity Postgraduate Program (NPTCI)
Félix Houphouet-Boigny University
2007-2009
Tam-tam parleur Djidji Ayôkwé: Voici la vérité sur l’authenticité de l’objet restituéPar FOFANA MoustaphaEn Filigrane La colonisation a effacé les symboles de résistance, privant les peuples de leur mémoire historique. Le Tam Tam parleur ivoirien "Djidji Ayôkwé", mémoire du peuple a été restitué après un long combat, nécessitant une restauration. La polémique sur son authenticité est infondée, la restitution étant réelle et officielle. Le vrai enjeu pour la Côte d'Ivoire est la valorisation et la transmission, pour que cet objet retrouve sa place dans la conscience collective. Colonisation : quand les symboles des peuples sont arrachés à leur mémoire S'Il y a des sujets sur lesquels on ne doit pas tergiverser, c’est bien celui de la colonisation. En effet, la colonisation brutale d’un peuple est l’une des pires calamités de l’humanité. Pour ma part, je reste convaincu qu’il est possible d’obtenir des changements structurels chez un peuple sans le soumettre violemment. Les colonisateurs ont toujours raconté l’histoire de leurs épopées à leur progéniture. Pour rendre cette histoire vivante, ils utilisent des objets symboles. Mais qu’en est-il des peuples colonisés ? Leurs propres symboles de résistance, volés et emportés, manquent cruellement à la mémoire collective. Prenons trois exemples emblématiques : Le sabre d’El Hadj Oumar Tall, grand résistant à la colonisation française. Le canon d’Alger, appelé par les Algériens « Baba Merzoug » (le père béni) et par les Français « la Consulaire » – du nom de ce consul, Jean Le Vacher, qui fut attaché à sa bouche et éjecté lors d’une tentative ratée de la marine française en 1683. Et surtout, le tambour Djidji Ayôkwé, outil de communication qui joua un rôle crucial dans la résistance du peuple Atchan au début du XXe siècle. Ces objets, témoins de notre histoire, ont été conservés pendant des décennies dans les musées français. La restitution du Djidji Ayôkwé : un long combat La demande de restitution du Djidji Ayôkwé ne date pas d’hier. Elle remonte à l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Mais c’est après le rapport de l’économiste sénégalais Felwine Sarr que le processus s’est accéléré. Avant son retour, une restauration s’est imposée. Pourquoi ? L’objet avait souffert de mauvaises conditions de stockage, d’abord au musée du Trocadéro, puis au musée du quai Branly. Comment un tambour en bois, après plus de 110 ans passés en France (sans compter le temps en Côte d’Ivoire et le voyage en bateau), pourrait-il être en 2026 dans le même état qu’à son arrivée ? Des spécialistes français ont donc travaillé sur sa restauration, avec l’expertise des Ébriés, gardiens de cette mémoire. Si aujourd’hui la queue de l’animal sculpté sur le tambour paraît plus petite, c’est le résultat d’un travail mené en accord avec toutes les parties prenantes. Une polémique infondée Pourquoi cette polémique sur l’authenticité de l’objet restitué ? Certains stipulent que la France aurait pu rendre une copie en gardant l’original. Mais posons la question franchement : quel intérêt la France aurait-elle à organiser une cérémonie officielle de restitution en grande pompe, sous les projecteurs du monde entier, pour finalement remettre une copie à la Côte d’Ivoire ? Où serait exposé le « vrai » objet dans ce cas ? Dans les réserves d’un musée français, loin des regards ? Cette polémique n'a pas de sens. La restitution du Djidji Ayôkwé est une victoire pour la Côte d'Ivoire, après des décennies d'attente. Le véritable enjeu : la fréquentation du musée Précisons un point : l’objet ne sera pas utilisé pour des cérémonies sacrées. Il sera exposé au Musée des civilisations d’Abidjan ouvert à tous public. Et c’est là que se situe, à mon sens, le véritable défi. Il y a quelques années, j’ai visité l’île de Gorée, au Sénégal. J’ai été frappé par un contraste saisissant : des milliers de touristes se pressent chaque jour devant la Maison des esclaves, mais le musée de l’île, qui abrite pourtant le sabre restitué d’Oumar Tall, reste désespérément vide. Ce constat m’inquiète. À quoi sert de rapatrier nos trésors si nous ne les valorisons pas, ni n’initions nos enfants à leur histoire et à leur importance ? Transmettre pour construire l'avenir Apprenons à nos enfants à s’approprier notre histoire. Je voudrais terminer par cette scène que j’imagine : un père et son fils visitant ensemble le Musée des civilisations d’Abidjan. Le père pose la main sur l’épaule de son enfant et lui dit : Mon fils, cet objet que nous voyons aujourd'hui est un symbole de la résistance du vaillant peuple Atchan à la colonisation française. Il a traversé les océans et les siècles pour revenir parmi nous. Mais le devoir de ta génération ne s'arrête pas à la contemplation du passé. Votre mission, c'est de lutter pour le développement économique de notre pays; C'est ainsi que vous honorerez ceux qui se sont battus avant vous.
23 févr. 2026

