Aïcha FALL
Vérifié par Certifive

Aïcha FALL

Journaliste

Research Expert
Biographie

Aicha Fall est journaliste indépendante spécialisée en économie et finance, avec une expertise pointue dans l’analyse des marchés, des politiques publiques et des dynamiques financières internationales.

Formée à l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme et diplômée en politique internationale à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle conjugue rigueur académique et sens du terrain. Elle collabore avec des médias de référence tels que Parlons Finance, Polytechnique Insights, Le Parisien Matin, Afrique XXI et Seneweb, où elle décrypte l’actualité économique, mène des enquêtes, réalise des interviews d’experts et vulgarise les enjeux financiers pour un large public.

Son expérience s’étend également à l’analyse de marché et à la production de contenus audiovisuels, acquise notamment chez Leaders League et Canal+ International. Elle maîtrise les outils de création (Indesign, Photoshop, Premiere Pro, Illustrator), les techniques d’investigation digitale (AFP), le SEO, le community management et le journalisme mobile (MOJO).

Polyglotte (français, anglais, portugais), passionnée par l’écriture, la photographie et les transformations numériques, Aicha couvre aussi les sujets liés à l’immobilier, à la politique et aux relations économiques entre la France et l’Afrique de l’Ouest.

Aicha met son regard affûté et sa plume engagée au service d’un journalisme exigeant, accessible et ancré dans les réalités contemporaines. Elle fait partie des Journalistes experts de Certifive.

Expérience professionnelle· 8
  • Financial journalist

    Parlons Finance

    Juin 2025

    Macroeconomic monitoring - Articles on financial news - Market analysis - Popularization of financial topics for a wide audience - Interviews with experts - Community management

  • Economic correspondent

    Seneweb

    Mai 2025

    Monitoring economic and political news in Senegal - Articles and interviews - Monitoring bilateral economic issues between France and Senegal - Coverage of events in France (conferences, forums, official visits)

  • Economic journalist

    Polytechnique Insights

    Mars 2025

    Monitoring - Coverage of economic news - Interviews with experts - Writing scientific articles for the journal of the Paris Institute of Technology

  • Economic Journalist

    Le Parisien Matin

    Mai 2024

    Monitoring - Economic news coverage - Expert interviews - SEO optimization

  • Economic Journalist

    Afrique XXI

    2024

    Monitoring - Surveys - Expert interviews - Writing economic articles

  • Journalist and market research officer for real estate, energy, and the environment

    Leaders leagues

    2022-2023

    Writing (articles, interviews, press releases) - Video interviews (Décideurs TV) during summits - Market analysis & rankings

  • Content operations assistant

    CANAL+ International / THEMA

    Janvier-juin 2022

    Production visuels - Analyse performance - Scripts & scénarios - Montage & rédaction - Community management

  • Assistant for the TV show “Alors, on dit quoi ?”

    RFI

    Janvier-juin 2020

    Auditor relations management - Program preparation - Guest panel selection - Media monitoring - Contribution to script writing - Topic suggestions

Formation· 6
  • Analyse des marchés financiers

    Yale University

    2025

    Fondamentaux des marchés, produits dérivés, gestion du risque, finance comportementale

  • Macroéconomie & politiques publiques

    Université de Californie

    2025

  • Investigation digitale

    AFP

    2024

  • Master Journalisme multimédia

    Institut Supérieur de Formation au Journalisme

    2021-2023

  • Master Droit, Économie, Gestion - Spécialité Politique Internationale

    Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    2019-2021

  • Licence Sciences Politiques option journalisme

    Université de Lyon 2

    2016-2019

Dernières publications
  • Les métropoles africaines à l’épreuve de la croissance urbaine rapide

    EN FILIGRANE → La croissance urbaine africaine est désormais principalement alimentée par la dynamique démographique interne des villes → Les grandes métropoles concentrent simultanément création de richesse et fragilités structurelles → Les capacités de fourniture des services publics progressent moins vite que la population urbaine → Les trajectoires des grandes villes diffèrent sensiblement entre Afrique de l’Ouest, Afrique centrale et Afrique australe → La qualité de la gouvernance locale conditionne largement les effets économiques et sociaux de la concentration urbaine EN CHIFFRES → Environ 588 millions de personnes vivent en zone urbaine en Afrique en 2023 selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, soit près de 44 % de la population totale du continent, ce qui marque un basculement démographique encore inégal. → La population urbaine africaine devrait dépasser 1,3 milliard d’habitants en 2050 selon les projections des Nations unies, impliquant un doublement en moins de 30 ans. → Près de 80 % de la croissance démographique future du continent serait absorbée par les villes selon l’OCDE,  ce qui place les espaces urbains au centre des trajectoires économiques africaines. → Les zones urbaines africaines produisent entre 50 et 60 % du produit intérieur brut continental selon la Banque africaine de développement, malgré une productivité moyenne inférieure à celle observée en Asie. → Plus de 60 % des citadins africains résident dans des quartiers informels selon ONU Habitat, ce qui reflète l’inadéquation persistante entre croissance démographique et production de logements formels. À l’échelle du continent, l’urbanisation n’est plus un phénomène périphérique mais un fait structurant. La progression rapide du nombre de citadins redessine les hiérarchies territoriales, modifie les équilibres économiques et recompose les rapports sociaux au sein des grandes agglomérations. Ce basculement n’est pas uniquement quantitatif. Il traduit un déplacement durable du centre de gravité africain vers des espaces métropolitains devenus à la fois laboratoires d’innovation, lieux de concentration des richesses et foyers de tensions multiples. L’enjeu ne réside donc plus dans la seule capacité des villes à absorber la croissance démographique, mais dans leur aptitude à transformer cette densité en levier de développement soutenable. Entre promesse d’économies d’agglomération et risque d’exacerbation des fractures spatiales, les métropoles africaines se trouvent confrontées à une équation complexe où s’entremêlent impératifs économiques, contraintes institutionnelles et arbitrages sociaux. C’est dans cet équilibre instable que se joue désormais une part décisive de la trajectoire du continent. La ville africaine comme matrice démographique et économique L’Afrique connaît une concentration humaine sans précédent dans ses espaces urbains. Selon les Nations unies la population vivant en ville a été multipliée par plus de quatre depuis 1980 sous l’effet combiné d’une croissance naturelle soutenue et d’une attraction économique persistante des grands centres. Cette dynamique transforme durablement la structure démographique du continent en faisant des métropoles le principal lieu de renouvellement de la population. Cette concentration humaine s’accompagne d’un poids économique croissant. La Banque africaine de développement estime que les villes africaines génèrent aujourd’hui plus de la moitié du produit intérieur brut continental alors qu’elles accueillent encore moins de la moitié de la population totale. Les agglomérations concentrent les emplois non agricoles, les services marchands et les fonctions de commandement, mais cette centralité économique ne se traduit pas mécaniquement par une amélioration homogène des conditions de vie. Dans les débats sur la modernisation urbaine, Dr François Gruson, architecte, met en garde contre une approche d’affichage. En effet,  « la question ce n’est pas tellement de dire je vais faire une smart city parce que c’est un slogan. » Mettre les services publics au diapason : Impératifs et angles morts de l’adaptation métropolitaine L’augmentation rapide du nombre d’habitants met à l’épreuve les infrastructures existantes. L’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité, aux soins et à l’éducation progresse mais demeure insuffisant au regard de la croissance des besoins. ONU Habitat estime qu’une majorité de citadins africains vit dans des quartiers caractérisés par un accès partiel ou irrégulier à ces services essentiels. Les données comparables par ville restent fragmentaires ce qui limite l’analyse pointilleuse des écarts territoriaux. Les systèmes de mobilité constituent un autre révélateur des déséquilibres urbains. L’extension spatiale des villes,  combinée à des réseaux de transport collectif insuffisamment développés, allonge les distances domicile-travail et renchérit leur coût pour les ménages. Selon la Banque mondiale, les citadins africains consacrent une part plus élevée de leurs revenus aux déplacements quotidiens que dans la plupart des autres régions en développement, ce qui restreint l’accès à l’emploi et pèse sur la productivité globale des agglomérations. Cette question de l’adéquation entre besoins et capacités institutionnelles est aussi perçue par les acteurs du financement. Mme Aïssata Koite, consultante internationale en stratégie financière, pointe du doigt l’une des craintes récurrentes lorsqu’il s’agit de structurer des projets urbains d’ampleur. Aujourd'hui, les pays d'Afrique ne sont pas assez bien structurés pour recevoir de gros investissements technologiques. C'est risqué et lourd et cela inquiète les investisseurs. Gouvernance, planification et trajectoires régionales : la clé d'un urbanisme soutenable Les dynamiques urbaines continentales ne suivent pas un schéma uniforme. En Afrique de l’Ouest, la croissance des villes est dominée par de très grandes agglomérations telles que Lagos, Abidjan ou Accra qui regroupent population, capitaux et activités économiques. En Afrique centrale la concentration humaine progresse rapidement mais s’inscrit dans des cadres institutionnels plus limités et dans une organisation spatiale souvent discontinue. En Afrique australe, les niveaux de concentration urbaine sont plus élevés mais les héritages historiques continuent de structurer de fortes inégalités territoriales. Dans cette conjoncture, la gouvernance locale apparaît comme un facteur structurant. L’OCDE souligne que les villes disposant de ressources fiscales propres, de cadres fonciers clairs et de mécanismes de coordination entre niveaux de gouvernement parviennent plus efficacement à accompagner la croissance des populations urbaines. À l’inverse, l’absence de planification et de financements pérennes tend à figer les métropoles dans des configurations marquées par la congestion, l’habitat informel et la fragmentation sociale. Sur ce point, Kevin Guei, consultant en transformation digitale, met en évidence la nécessité d’un urbanisme pensé “sur mesure” plutôt que calqué. On n'essaie pas de copier l'Occident mais de s'adapter aux réalités locales. Il rappelle aussi que la planification ne peut ignorer les structures économiques dominantes des grandes villes. "Il faut prendre en compte l'économie informelle qui représente près de 90% de l'activité dans certains pays.

    18 févr. 2026
    TechnologyInnovationAIurbanisation
  • Réglementation : un levier de croissance pour le secteur cosmétique africain

    En filigrane Avec sa biodiversité exceptionnelle et un marché intérieur en pleine expansion, l’Afrique recèle d’immenses opportunités dans le secteur des cosmétiques, notamment naturels. Du Nigeria au Kenya, en passant par le Maroc, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, la demande croît sous l’effet de l’urbanisation, de la montée d’une classe moyenne et de la valorisation des ingrédients issus des ressources locales. Pourtant, la prédominance du secteur informel et l’absence de cadres réglementaires harmonisés freinent encore la montée en gamme et l’exportation des marques locales. Dans ce contexte, la réglementation n’est pas un obstacle à la croissance. Elle constitue au contraire un levier stratégique de compétitivité, un outil de différenciation et un passeport vers les marchés régionaux et internationaux. Les initiatives de normalisation portées par des institutions telles que l’Organisation africaine de normalisation (ARSO) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA) ouvrent la voie à une intégration progressive des standards et certifications sur l’ensemble du continent. En chiffres Le marché africain des cosmétiques est estimé à 3,87 milliards USD en 2024 et pourrait atteindre 7,02 milliards USD d’ici 2033 (Market Data Forecast, 2025). En Afrique subsaharienne, la croissance annuelle moyenne du secteur oscille entre 8 % et 10 %, soutenue par la demande croissante en produits naturels et la montée de marques locales (6Wresearch, 2025). Plusieurs pays ont mis en place des institutions pour encadrer la qualité et la sécurité des produits, à l’image de la NAFDAC (National Agency for Food and Drug Administration and Control) au Nigeria, de l’ANOR (Agence des Normes et de la Qualité) au Cameroun, du KEBS (Kenya Bureau of Standards) au Kenya ou encore la SAHPRA (South African Health Products Regulatory Authority) en Afrique du Sud. Trop souvent perçue comme un fardeau administratif, la réglementation est en réalité un levier stratégique de croissance et de compétitivité, encore largement sous-estimé dans les économies africaines. Dans un secteur cosmétique en pleine expansion, anticiper et comprendre les exigences réglementaires peut faire toute la différence pour bâtir des marques locales solides, assurer la sécurité des consommateurs, gagner leur confiance et accéder aux marchés régionaux et internationaux. Un secteur en plein essor, freinée par les défis structurels Le marché africain des cosmétiques, estimé donc à plus de 7,02 milliards USD d’ici 2033, attire un nombre croissant d’investisseurs, de marques locales et de multinationales. Cependant, sa croissance reste entravée par plusieurs obstacles structurels, notamment la prédominance de l’informel, le morcellement des chaînes de production et de distribution, la faiblesse des infrastructures de contrôle de qualité et un cadre réglementaire encore hétérogène. Dans la plupart des pays africains, une part importante des produits cosmétiques est encore commercialisée sans traçabilité ni certification, exposant les consommateurs à des risques sanitaires. La forte présence de l’informel fragilise également la qualité des produits, souvent mis sur le marché sans contrôle, au détriment de la santé publique. Ce manque de cadre clair décourage de nombreux entrepreneurs ou entreprises, et limite la structuration de la filière, qui pine à valoriser pleinement les ressources et savoir-faire locaux. Face à ces défis, la réglementation apparaît comme un facteur de crédibilité, de sécurité et de compétitivité. Tant que le secteur restera dépourvu de référentiels partagés et de normes appliquées, les marques africaines peineront à franchir le cap de l’industrialisation, à obtenir les certifications indispensables et à accéder aux marchés d’exportation. La réglementation, un passeport stratégique  Loin d’être un frein, la réglementation constitue un véritable passeport stratégique. Elle représente un gage de qualité et de sécurité pour le consommateur, un outil de différenciation et un accélérateur d’accès aux marchés régionaux et internationaux. Une marque conforme aux standards reconnus, rassure, protège la santé du consommateur, sécurise la chaîne d’approvisionnement et ouvre de nouveaux débouchés commerciaux. Cette exigence revêt également un enjeu sanitaire majeur. Dans plusieurs pays africains, le marché reste largement exposé à des produits éclaircissants ou blanchissants contenant des substances interdites telles que l’hydroquinone ou certains corticoïdes. Ces produits, souvent distribués sans contrôle via des circuits informels ou digitaux, présentent des risques dermatologiques et cancérigènes documentés par l’OMS et la Commission européenne. Par ailleurs, la maîtrise des impacts environnementaux liés à la production, aux emballages et à la gestion des déchets est cruciale pour garantir une filière cosmétique durable et responsable. En adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement, l’industrie africaine protège non seulement les écosystèmes, mais contribue également à la santé publique tout en renforçant sa compétitivité. Structurer la filière par les normes locales et régionales Plusieurs pays africains ont entamé une structuration progressive de leurs marchés. Au Cameroun, par exemple, le Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement (PECAE) impose depuis 2021 un certificat de conformité (CoC) pour les produits importés, garantissant leur conformité aux standards nationaux. Les normes ANOR (NC 804 à NC 816) couvrent l’ensemble du cycle de vie du produit à savoir, la fabrication, la qualité, la sécurité, la conservation, l’étiquetage et la véracité des allégations publicitaires. Dans d’autres pays comme le Kenya ou le Ghana, des initiatives similaires existent souvent inspirées des référentiels internationaux ISO ou CEN. L’appropriation de ces textes permet non seulement de professionnaliser les acteurs, mais aussi d’instaurer une culture partagée de la qualité à l’échelle régionale. L’AfCFTA au service d’une harmonisation continentale L’un des principaux défis du secteur reste la fragmentation réglementaire. Chaque pays applique ses propres normes, procédures et exigences documentaires; ce qui rend le commerce transfrontalier complexe et coûteux. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA) représente une opportunité importante pour la compétitivité du secteur. En favorisant la suppression des barrières tarifaires et la reconnaissance mutuelle des certifications, elle pose les bases d’un marché cosmétique intégré. L’Organisation africaine de normalisation (ARSO), via son Programme africain d’évaluation de la conformité (ACAP), renforce les infrastructures de qualité et facilite la reconnaissance mutuelle des normes entre États. Dans la Communauté d’Afrique de l’Est, la norme DEAS 334:2023 harmonise déjà les réglementations relatives aux produits cosmétiques, facilitant le commerce intra-régional et garantissant un niveau de sécurité uniforme pour les consommateurs. Ces avancées témoignent d’un mouvement continental vers la convergence réglementaire. À terme, une harmonisation progressive des standards pourrait renforcer la compétitivité africaine face aux marchés internationaux. Former, accompagner, inciter Pour que la réglementation devienne un moteur de croissance, il est essentiel de former les entreprises aux exigences réglementaires, tout en vulgarisant les normes locales et internationales via des plateformes numériques accessibles. Des politiques incitatives tels que les allègements fiscaux pour les marques certifiées, des procédures douanières simplifiées pour les produits conformes ou des labels panafricains de qualité, pourraient accélérer l’adoption des bonnes pratiques. La diaspora africaine peut également jouer un rôle clé, en partageant ses compétences et en accompagnant les entrepreneurs locaux dans leur développement. De l’ambition à l’action Lors du Mboa Paris 2025, premier salon business et socio-culturel de la diaspora camerounaise en Europe, ces enjeux ont été discutés au cours d’un atelier avec des professionnels du secteur :  toxicologues, spécialistes affaires réglementaires, biologistes et entrepreneurs. Ont été mis en lumière : Le rôle central de la réglementation pour l’accès aux marchés locaux et internationaux ; Les défis concrets liés à la certification et à l’exportation ; La nécessité d’accompagner les entrepreneurs dans ces démarches et le rôle clé de la diaspora dans ce processus. Les participants ont exprimé des besoins clairs : un accompagnement renforcé, une meilleure lisibilité du cadre réglementaire et une structuration effective de la filière. Ces attentes traduisent une volonté forte de transformer la réglementation en moteur de croissance et d’innovation. En conclusion, l'avenir du secteur cosmétique africain ne reposera pas uniquement sur la richesse de sa biodiversité. Il dépendra surtout de la capacité à structurer et harmoniser les cadres réglementaires au niveau régional et continental pour favoriser les libres échanges, professionnaliser les acteurs et protéger la santé des consommateurs. La réglementation n’est pas un frein à l’innovation : sa mise en œuvre est une condition essentielle pour garantir la sécurité, la qualité et la compétitivité. Malgré les défis, les entreprises qui placent la conformité, l’éthique et la transparence au cœur de leur stratégie peuvent transformer la réglementation en avantage concurrentiel durable. En respectant les standards locaux et internationaux, elles renforceront leur réputation, gagneront la confiance des consommateurs et contribueront à façonner la prochaine ère de la beauté africaine, où la conformité devient un moteur d’innovation et de croissance. Références Market Data Forecast. (2025). Africa cosmetics market size, share, growth, trends & forecast (2024–2033). Retrieved from https://www.marketdataforecast.com 6Wresearch. (2025). Africa cosmetics market overview, opportunities, and forecast 2024–2030. Retrieved from https://www.6wresearch.com Mordor Intelligence. (2024). Africa cosmetics products market – growth, trends, and forecasts (2024–2030). Retrieved from https://www.mordorintelligence.com Organisation africaine de normalisation (ARSO). (2023). African conformity assessment program (ACAP): Strengthening quality infrastructure in Africa. Nairobi, Kenya: ARSO. Retrieved from https://www.arso-oran.org Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA). (2024). AfCFTA agreement and implementation framework. Addis Ababa: African Union Commission. Retrieved from https://au-afcfta.org East African Community (EAC). (2023). Draft East African Standard DEAS 334:2023 – Cosmetics — Requirements for labelling and safety. Arusha: EAC Secretariat. Retrieved from https://www.eac.int Agence des Normes et de la Qualité (ANOR). (2021). Normes camerounaises sur les produits cosmétiques (NC 804 à NC 816). Yaoundé, Cameroun: ANOR. Retrieved from https://www.anor.cm Kenya Bureau of Standards (KEBS). (2022). Standards and regulatory framework for cosmetic products in Kenya. Nairobi: KEBS. Retrieved from https://www.kebs.org South African Health Products Regulatory Authority (SAHPRA). (2022). Regulation of cosmetic products and safety requirements in South Africa. Pretoria: SAHPRA. Retrieved from https://www.sahpra.org.za National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC). (2023). Guidelines for registration of cosmetic products in Nigeria. Abuja: NAFDAC. Retrieved from https://www.nafdac.gov.ng Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2023). Risks associated with the use of skin lightening products containing hydroquinone and corticosteroids. Geneva: World Health Organization. Retrieved from https://www.who.int Commission européenne. (2024). EU cosmetic products regulation (EC) No 1223/2009 – Prohibited substances and market safety. Brussels: European Commission. Retrieved from https://health.ec.europa.eu Mboa Paris. (2025). Atelier “Réglementation et compétitivité du secteur cosmétique africain” – Programme du Salon Mboa Paris 2025. Paris: Association Mboa Paris. Retrieved from https://www.mboaparis.com

    1 nov. 2025
    RegulationsCosmeticsAfricaCompetitivenessGrowth
Biographie

Aicha Fall est journaliste indépendante spécialisée en économie et finance, avec une expertise pointue dans l’analyse des marchés, des politiques publiques et des dynamiques financières internationales.

Formée à l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme et diplômée en politique internationale à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle conjugue rigueur académique et sens du terrain. Elle collabore avec des médias de référence tels que Parlons Finance, Polytechnique Insights, Le Parisien Matin, Afrique XXI et Seneweb, où elle décrypte l’actualité économique, mène des enquêtes, réalise des interviews d’experts et vulgarise les enjeux financiers pour un large public.

Son expérience s’étend également à l’analyse de marché et à la production de contenus audiovisuels, acquise notamment chez Leaders League et Canal+ International. Elle maîtrise les outils de création (Indesign, Photoshop, Premiere Pro, Illustrator), les techniques d’investigation digitale (AFP), le SEO, le community management et le journalisme mobile (MOJO).

Polyglotte (français, anglais, portugais), passionnée par l’écriture, la photographie et les transformations numériques, Aicha couvre aussi les sujets liés à l’immobilier, à la politique et aux relations économiques entre la France et l’Afrique de l’Ouest.

Aicha met son regard affûté et sa plume engagée au service d’un journalisme exigeant, accessible et ancré dans les réalités contemporaines. Elle fait partie des Journalistes experts de Certifive.

Expérience professionnelle
  • Financial journalist

    Parlons Finance

    Juin 2025

    Macroeconomic monitoring - Articles on financial news - Market analysis - Popularization of financial topics for a wide audience - Interviews with experts - Community management

  • Economic correspondent

    Seneweb

    Mai 2025

    Monitoring economic and political news in Senegal - Articles and interviews - Monitoring bilateral economic issues between France and Senegal - Coverage of events in France (conferences, forums, official visits)

  • Economic journalist

    Polytechnique Insights

    Mars 2025

    Monitoring - Coverage of economic news - Interviews with experts - Writing scientific articles for the journal of the Paris Institute of Technology

  • Economic Journalist

    Le Parisien Matin

    Mai 2024

    Monitoring - Economic news coverage - Expert interviews - SEO optimization

  • Economic Journalist

    Afrique XXI

    2024

    Monitoring - Surveys - Expert interviews - Writing economic articles

  • Journalist and market research officer for real estate, energy, and the environment

    Leaders leagues

    2022-2023

    Writing (articles, interviews, press releases) - Video interviews (Décideurs TV) during summits - Market analysis & rankings

  • Content operations assistant

    CANAL+ International / THEMA

    Janvier-juin 2022

    Production visuels - Analyse performance - Scripts & scénarios - Montage & rédaction - Community management

  • Assistant for the TV show “Alors, on dit quoi ?”

    RFI

    Janvier-juin 2020

    Auditor relations management - Program preparation - Guest panel selection - Media monitoring - Contribution to script writing - Topic suggestions

Formation
  • Analyse des marchés financiers

    Yale University

    2025

    Fondamentaux des marchés, produits dérivés, gestion du risque, finance comportementale

  • Macroéconomie & politiques publiques

    Université de Californie

    2025

  • Investigation digitale

    AFP

    2024

  • Master Journalisme multimédia

    Institut Supérieur de Formation au Journalisme

    2021-2023

  • Master Droit, Économie, Gestion - Spécialité Politique Internationale

    Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    2019-2021

  • Licence Sciences Politiques option journalisme

    Université de Lyon 2

    2016-2019

Dernières publications
  • Les métropoles africaines à l’épreuve de la croissance urbaine rapide

    EN FILIGRANE → La croissance urbaine africaine est désormais principalement alimentée par la dynamique démographique interne des villes → Les grandes métropoles concentrent simultanément création de richesse et fragilités structurelles → Les capacités de fourniture des services publics progressent moins vite que la population urbaine → Les trajectoires des grandes villes diffèrent sensiblement entre Afrique de l’Ouest, Afrique centrale et Afrique australe → La qualité de la gouvernance locale conditionne largement les effets économiques et sociaux de la concentration urbaine EN CHIFFRES → Environ 588 millions de personnes vivent en zone urbaine en Afrique en 2023 selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies, soit près de 44 % de la population totale du continent, ce qui marque un basculement démographique encore inégal. → La population urbaine africaine devrait dépasser 1,3 milliard d’habitants en 2050 selon les projections des Nations unies, impliquant un doublement en moins de 30 ans. → Près de 80 % de la croissance démographique future du continent serait absorbée par les villes selon l’OCDE,  ce qui place les espaces urbains au centre des trajectoires économiques africaines. → Les zones urbaines africaines produisent entre 50 et 60 % du produit intérieur brut continental selon la Banque africaine de développement, malgré une productivité moyenne inférieure à celle observée en Asie. → Plus de 60 % des citadins africains résident dans des quartiers informels selon ONU Habitat, ce qui reflète l’inadéquation persistante entre croissance démographique et production de logements formels. À l’échelle du continent, l’urbanisation n’est plus un phénomène périphérique mais un fait structurant. La progression rapide du nombre de citadins redessine les hiérarchies territoriales, modifie les équilibres économiques et recompose les rapports sociaux au sein des grandes agglomérations. Ce basculement n’est pas uniquement quantitatif. Il traduit un déplacement durable du centre de gravité africain vers des espaces métropolitains devenus à la fois laboratoires d’innovation, lieux de concentration des richesses et foyers de tensions multiples. L’enjeu ne réside donc plus dans la seule capacité des villes à absorber la croissance démographique, mais dans leur aptitude à transformer cette densité en levier de développement soutenable. Entre promesse d’économies d’agglomération et risque d’exacerbation des fractures spatiales, les métropoles africaines se trouvent confrontées à une équation complexe où s’entremêlent impératifs économiques, contraintes institutionnelles et arbitrages sociaux. C’est dans cet équilibre instable que se joue désormais une part décisive de la trajectoire du continent. La ville africaine comme matrice démographique et économique L’Afrique connaît une concentration humaine sans précédent dans ses espaces urbains. Selon les Nations unies la population vivant en ville a été multipliée par plus de quatre depuis 1980 sous l’effet combiné d’une croissance naturelle soutenue et d’une attraction économique persistante des grands centres. Cette dynamique transforme durablement la structure démographique du continent en faisant des métropoles le principal lieu de renouvellement de la population. Cette concentration humaine s’accompagne d’un poids économique croissant. La Banque africaine de développement estime que les villes africaines génèrent aujourd’hui plus de la moitié du produit intérieur brut continental alors qu’elles accueillent encore moins de la moitié de la population totale. Les agglomérations concentrent les emplois non agricoles, les services marchands et les fonctions de commandement, mais cette centralité économique ne se traduit pas mécaniquement par une amélioration homogène des conditions de vie. Dans les débats sur la modernisation urbaine, Dr François Gruson, architecte, met en garde contre une approche d’affichage. En effet,  « la question ce n’est pas tellement de dire je vais faire une smart city parce que c’est un slogan. » Mettre les services publics au diapason : Impératifs et angles morts de l’adaptation métropolitaine L’augmentation rapide du nombre d’habitants met à l’épreuve les infrastructures existantes. L’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité, aux soins et à l’éducation progresse mais demeure insuffisant au regard de la croissance des besoins. ONU Habitat estime qu’une majorité de citadins africains vit dans des quartiers caractérisés par un accès partiel ou irrégulier à ces services essentiels. Les données comparables par ville restent fragmentaires ce qui limite l’analyse pointilleuse des écarts territoriaux. Les systèmes de mobilité constituent un autre révélateur des déséquilibres urbains. L’extension spatiale des villes,  combinée à des réseaux de transport collectif insuffisamment développés, allonge les distances domicile-travail et renchérit leur coût pour les ménages. Selon la Banque mondiale, les citadins africains consacrent une part plus élevée de leurs revenus aux déplacements quotidiens que dans la plupart des autres régions en développement, ce qui restreint l’accès à l’emploi et pèse sur la productivité globale des agglomérations. Cette question de l’adéquation entre besoins et capacités institutionnelles est aussi perçue par les acteurs du financement. Mme Aïssata Koite, consultante internationale en stratégie financière, pointe du doigt l’une des craintes récurrentes lorsqu’il s’agit de structurer des projets urbains d’ampleur. Aujourd'hui, les pays d'Afrique ne sont pas assez bien structurés pour recevoir de gros investissements technologiques. C'est risqué et lourd et cela inquiète les investisseurs. Gouvernance, planification et trajectoires régionales : la clé d'un urbanisme soutenable Les dynamiques urbaines continentales ne suivent pas un schéma uniforme. En Afrique de l’Ouest, la croissance des villes est dominée par de très grandes agglomérations telles que Lagos, Abidjan ou Accra qui regroupent population, capitaux et activités économiques. En Afrique centrale la concentration humaine progresse rapidement mais s’inscrit dans des cadres institutionnels plus limités et dans une organisation spatiale souvent discontinue. En Afrique australe, les niveaux de concentration urbaine sont plus élevés mais les héritages historiques continuent de structurer de fortes inégalités territoriales. Dans cette conjoncture, la gouvernance locale apparaît comme un facteur structurant. L’OCDE souligne que les villes disposant de ressources fiscales propres, de cadres fonciers clairs et de mécanismes de coordination entre niveaux de gouvernement parviennent plus efficacement à accompagner la croissance des populations urbaines. À l’inverse, l’absence de planification et de financements pérennes tend à figer les métropoles dans des configurations marquées par la congestion, l’habitat informel et la fragmentation sociale. Sur ce point, Kevin Guei, consultant en transformation digitale, met en évidence la nécessité d’un urbanisme pensé “sur mesure” plutôt que calqué. On n'essaie pas de copier l'Occident mais de s'adapter aux réalités locales. Il rappelle aussi que la planification ne peut ignorer les structures économiques dominantes des grandes villes. "Il faut prendre en compte l'économie informelle qui représente près de 90% de l'activité dans certains pays.

    18 févr. 2026
    TechnologyInnovationAIurbanisation
  • Réglementation : un levier de croissance pour le secteur cosmétique africain

    En filigrane Avec sa biodiversité exceptionnelle et un marché intérieur en pleine expansion, l’Afrique recèle d’immenses opportunités dans le secteur des cosmétiques, notamment naturels. Du Nigeria au Kenya, en passant par le Maroc, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, la demande croît sous l’effet de l’urbanisation, de la montée d’une classe moyenne et de la valorisation des ingrédients issus des ressources locales. Pourtant, la prédominance du secteur informel et l’absence de cadres réglementaires harmonisés freinent encore la montée en gamme et l’exportation des marques locales. Dans ce contexte, la réglementation n’est pas un obstacle à la croissance. Elle constitue au contraire un levier stratégique de compétitivité, un outil de différenciation et un passeport vers les marchés régionaux et internationaux. Les initiatives de normalisation portées par des institutions telles que l’Organisation africaine de normalisation (ARSO) et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA) ouvrent la voie à une intégration progressive des standards et certifications sur l’ensemble du continent. En chiffres Le marché africain des cosmétiques est estimé à 3,87 milliards USD en 2024 et pourrait atteindre 7,02 milliards USD d’ici 2033 (Market Data Forecast, 2025). En Afrique subsaharienne, la croissance annuelle moyenne du secteur oscille entre 8 % et 10 %, soutenue par la demande croissante en produits naturels et la montée de marques locales (6Wresearch, 2025). Plusieurs pays ont mis en place des institutions pour encadrer la qualité et la sécurité des produits, à l’image de la NAFDAC (National Agency for Food and Drug Administration and Control) au Nigeria, de l’ANOR (Agence des Normes et de la Qualité) au Cameroun, du KEBS (Kenya Bureau of Standards) au Kenya ou encore la SAHPRA (South African Health Products Regulatory Authority) en Afrique du Sud. Trop souvent perçue comme un fardeau administratif, la réglementation est en réalité un levier stratégique de croissance et de compétitivité, encore largement sous-estimé dans les économies africaines. Dans un secteur cosmétique en pleine expansion, anticiper et comprendre les exigences réglementaires peut faire toute la différence pour bâtir des marques locales solides, assurer la sécurité des consommateurs, gagner leur confiance et accéder aux marchés régionaux et internationaux. Un secteur en plein essor, freinée par les défis structurels Le marché africain des cosmétiques, estimé donc à plus de 7,02 milliards USD d’ici 2033, attire un nombre croissant d’investisseurs, de marques locales et de multinationales. Cependant, sa croissance reste entravée par plusieurs obstacles structurels, notamment la prédominance de l’informel, le morcellement des chaînes de production et de distribution, la faiblesse des infrastructures de contrôle de qualité et un cadre réglementaire encore hétérogène. Dans la plupart des pays africains, une part importante des produits cosmétiques est encore commercialisée sans traçabilité ni certification, exposant les consommateurs à des risques sanitaires. La forte présence de l’informel fragilise également la qualité des produits, souvent mis sur le marché sans contrôle, au détriment de la santé publique. Ce manque de cadre clair décourage de nombreux entrepreneurs ou entreprises, et limite la structuration de la filière, qui pine à valoriser pleinement les ressources et savoir-faire locaux. Face à ces défis, la réglementation apparaît comme un facteur de crédibilité, de sécurité et de compétitivité. Tant que le secteur restera dépourvu de référentiels partagés et de normes appliquées, les marques africaines peineront à franchir le cap de l’industrialisation, à obtenir les certifications indispensables et à accéder aux marchés d’exportation. La réglementation, un passeport stratégique  Loin d’être un frein, la réglementation constitue un véritable passeport stratégique. Elle représente un gage de qualité et de sécurité pour le consommateur, un outil de différenciation et un accélérateur d’accès aux marchés régionaux et internationaux. Une marque conforme aux standards reconnus, rassure, protège la santé du consommateur, sécurise la chaîne d’approvisionnement et ouvre de nouveaux débouchés commerciaux. Cette exigence revêt également un enjeu sanitaire majeur. Dans plusieurs pays africains, le marché reste largement exposé à des produits éclaircissants ou blanchissants contenant des substances interdites telles que l’hydroquinone ou certains corticoïdes. Ces produits, souvent distribués sans contrôle via des circuits informels ou digitaux, présentent des risques dermatologiques et cancérigènes documentés par l’OMS et la Commission européenne. Par ailleurs, la maîtrise des impacts environnementaux liés à la production, aux emballages et à la gestion des déchets est cruciale pour garantir une filière cosmétique durable et responsable. En adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement, l’industrie africaine protège non seulement les écosystèmes, mais contribue également à la santé publique tout en renforçant sa compétitivité. Structurer la filière par les normes locales et régionales Plusieurs pays africains ont entamé une structuration progressive de leurs marchés. Au Cameroun, par exemple, le Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement (PECAE) impose depuis 2021 un certificat de conformité (CoC) pour les produits importés, garantissant leur conformité aux standards nationaux. Les normes ANOR (NC 804 à NC 816) couvrent l’ensemble du cycle de vie du produit à savoir, la fabrication, la qualité, la sécurité, la conservation, l’étiquetage et la véracité des allégations publicitaires. Dans d’autres pays comme le Kenya ou le Ghana, des initiatives similaires existent souvent inspirées des référentiels internationaux ISO ou CEN. L’appropriation de ces textes permet non seulement de professionnaliser les acteurs, mais aussi d’instaurer une culture partagée de la qualité à l’échelle régionale. L’AfCFTA au service d’une harmonisation continentale L’un des principaux défis du secteur reste la fragmentation réglementaire. Chaque pays applique ses propres normes, procédures et exigences documentaires; ce qui rend le commerce transfrontalier complexe et coûteux. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA) représente une opportunité importante pour la compétitivité du secteur. En favorisant la suppression des barrières tarifaires et la reconnaissance mutuelle des certifications, elle pose les bases d’un marché cosmétique intégré. L’Organisation africaine de normalisation (ARSO), via son Programme africain d’évaluation de la conformité (ACAP), renforce les infrastructures de qualité et facilite la reconnaissance mutuelle des normes entre États. Dans la Communauté d’Afrique de l’Est, la norme DEAS 334:2023 harmonise déjà les réglementations relatives aux produits cosmétiques, facilitant le commerce intra-régional et garantissant un niveau de sécurité uniforme pour les consommateurs. Ces avancées témoignent d’un mouvement continental vers la convergence réglementaire. À terme, une harmonisation progressive des standards pourrait renforcer la compétitivité africaine face aux marchés internationaux. Former, accompagner, inciter Pour que la réglementation devienne un moteur de croissance, il est essentiel de former les entreprises aux exigences réglementaires, tout en vulgarisant les normes locales et internationales via des plateformes numériques accessibles. Des politiques incitatives tels que les allègements fiscaux pour les marques certifiées, des procédures douanières simplifiées pour les produits conformes ou des labels panafricains de qualité, pourraient accélérer l’adoption des bonnes pratiques. La diaspora africaine peut également jouer un rôle clé, en partageant ses compétences et en accompagnant les entrepreneurs locaux dans leur développement. De l’ambition à l’action Lors du Mboa Paris 2025, premier salon business et socio-culturel de la diaspora camerounaise en Europe, ces enjeux ont été discutés au cours d’un atelier avec des professionnels du secteur :  toxicologues, spécialistes affaires réglementaires, biologistes et entrepreneurs. Ont été mis en lumière : Le rôle central de la réglementation pour l’accès aux marchés locaux et internationaux ; Les défis concrets liés à la certification et à l’exportation ; La nécessité d’accompagner les entrepreneurs dans ces démarches et le rôle clé de la diaspora dans ce processus. Les participants ont exprimé des besoins clairs : un accompagnement renforcé, une meilleure lisibilité du cadre réglementaire et une structuration effective de la filière. Ces attentes traduisent une volonté forte de transformer la réglementation en moteur de croissance et d’innovation. En conclusion, l'avenir du secteur cosmétique africain ne reposera pas uniquement sur la richesse de sa biodiversité. Il dépendra surtout de la capacité à structurer et harmoniser les cadres réglementaires au niveau régional et continental pour favoriser les libres échanges, professionnaliser les acteurs et protéger la santé des consommateurs. La réglementation n’est pas un frein à l’innovation : sa mise en œuvre est une condition essentielle pour garantir la sécurité, la qualité et la compétitivité. Malgré les défis, les entreprises qui placent la conformité, l’éthique et la transparence au cœur de leur stratégie peuvent transformer la réglementation en avantage concurrentiel durable. En respectant les standards locaux et internationaux, elles renforceront leur réputation, gagneront la confiance des consommateurs et contribueront à façonner la prochaine ère de la beauté africaine, où la conformité devient un moteur d’innovation et de croissance. Références Market Data Forecast. (2025). Africa cosmetics market size, share, growth, trends & forecast (2024–2033). Retrieved from https://www.marketdataforecast.com 6Wresearch. (2025). Africa cosmetics market overview, opportunities, and forecast 2024–2030. Retrieved from https://www.6wresearch.com Mordor Intelligence. (2024). Africa cosmetics products market – growth, trends, and forecasts (2024–2030). Retrieved from https://www.mordorintelligence.com Organisation africaine de normalisation (ARSO). (2023). African conformity assessment program (ACAP): Strengthening quality infrastructure in Africa. Nairobi, Kenya: ARSO. Retrieved from https://www.arso-oran.org Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf / AfCFTA). (2024). AfCFTA agreement and implementation framework. Addis Ababa: African Union Commission. Retrieved from https://au-afcfta.org East African Community (EAC). (2023). Draft East African Standard DEAS 334:2023 – Cosmetics — Requirements for labelling and safety. Arusha: EAC Secretariat. Retrieved from https://www.eac.int Agence des Normes et de la Qualité (ANOR). (2021). Normes camerounaises sur les produits cosmétiques (NC 804 à NC 816). Yaoundé, Cameroun: ANOR. Retrieved from https://www.anor.cm Kenya Bureau of Standards (KEBS). (2022). Standards and regulatory framework for cosmetic products in Kenya. Nairobi: KEBS. Retrieved from https://www.kebs.org South African Health Products Regulatory Authority (SAHPRA). (2022). Regulation of cosmetic products and safety requirements in South Africa. Pretoria: SAHPRA. Retrieved from https://www.sahpra.org.za National Agency for Food and Drug Administration and Control (NAFDAC). (2023). Guidelines for registration of cosmetic products in Nigeria. Abuja: NAFDAC. Retrieved from https://www.nafdac.gov.ng Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2023). Risks associated with the use of skin lightening products containing hydroquinone and corticosteroids. Geneva: World Health Organization. Retrieved from https://www.who.int Commission européenne. (2024). EU cosmetic products regulation (EC) No 1223/2009 – Prohibited substances and market safety. Brussels: European Commission. Retrieved from https://health.ec.europa.eu Mboa Paris. (2025). Atelier “Réglementation et compétitivité du secteur cosmétique africain” – Programme du Salon Mboa Paris 2025. Paris: Association Mboa Paris. Retrieved from https://www.mboaparis.com

    1 nov. 2025
    RegulationsCosmeticsAfricaCompetitivenessGrowth